Scientific publications
Impact des insectes piqueurs de cabosses sur la production du cacaoyer dans la région du Centre du Cameroun (opens in a new tab)
Authors
University of Yaoundé I
Other authors
Régis Babin
Scientific publications
Régis Babin
Champlain Lordon-Djieto
Christian Cilas
Luc Dibog
Charles Félix Bilong Bilong
Tout au long de leur croissance et de leur maturation, les fruits du cacaoyer subissent des attaques repetees d'insectes piqueurs. Au Cameroun, ces attaques sont majoritairement dues au miride Sahlbergella singularis. Mais d'autres especes se nourrissent aux depens des cabosses, parmi lesquelles les mirides du genre Helopeltis et les punaises Pentatomidae, Coreidae et Pyrrhocoridae. Lorsqu'ils sont fortement piques, les jeunes fruits jaunissent et se dessechent. En outre, les piqures provoquent souvent une perturbation de la croissance des cabosses et par consequent des pertes de production. Au Cameroun, il est de coutume de considerer que les pertes de production liees a ces attaques sont negligeables. Pourtant, peu d'etudes ont tente de les evaluer. Entre 2003 et 2005, nous avons suivi le cycle de fructification et evalue les attaques d'insectes sur les fruits de 1080 cacaoyers, appartenant a 36 plantations paysannes de la region du Centre du Cameroun. Chaque semaine, les fruits sains et les fruits piques etaient denombrees sur la partie du tronc localisee entre 50 et 150 cm du sol. Les jeunes fruits piques ayant subi des degâts trop importants pour se developper etaient elimines et comptabilises de maniere distincte. En outre, chaque annee, trois cabosses mures etaient echantillonnees au hasard sur chaque cacaoyer afin d'evaluer au laboratoire les pertes de poids et de feves liees aux attaques d'insectes. Les degâts d'insectes etaient alors evalues a l'aide d'une echelle de notation. Puis les cabosses etaient pesees et les feves qu'elles contenaient etaient denombrees et pesees. Les pertes de jeunes fruits dues aux attaques d'insectes piqueurs ont ete evaluees a 3% du nombre total de fruits portes par les arbres, pour l'ensemble du reseau de parcelles et les deux annees d'observation. Ces pertes ont montre une variabilite importante entre les parcelles, avec des valeurs oscillant entre 0 et 11%. Pres d'un tiers des cabosses mures echantillonnees presentaient des degâts d'insectes piqueurs, et un peu plus de 10% d'entre elles presentaient des degâts de S. singularis. Globalement, les cabosses piquees ont presente une perte de poids significative de 4,3%. Cette perte de poids n'etait pas liee a une reduction du nombre de feves mais aux pertes combinees du poids des feves fraiches (3,8%) et du cortex (4,4%). Ces resultats montrent que, globalement, les degâts dus aux insectes piqueurs sont faibles mais non negligeables. Par consequent, ils meriteraient d'etre consideres dans les programmes de protection integree des cacaoyeres particulierement exposees aux attaques d'insectes. (Texte integral)